Le week-end dernier, je suis partie, comme prévu depuis quelques semaines, avec Dayana et Junior mes anciens collègues du TEC pour le trek du Chirripó, qui est le mont le plus haut du Costa Rica (environ 3800 mts).

Je prépare alors mes affaires le mardi. Je prends le strict minimum, mais prévois tout de même de quoi affronter des températures en dessous de 0°C pour la nuit dans le refuge.

La première étape du voyage est de se rendre au village de San Gerardo de Rivas, où se trouve l'entrée du parc et le départ de la randonnée. Nous prenons donc le bus mercredi matin, nous traversons les montagnes et le Cerro de la Muerte où il fait quelques 15°C. Un changement et une escale de 3h nous attendent à San Isidro del General, où nous profitons d'un petit restaurant délicieux au terminal des bus et du supermarché du coin pour acheter de quoi manger pendant la randonnée. Le second bus, empreinte une toute petite route sinueuse et grimpe dans la montagne, il met environ 1h30 pour parcourir les 19 kms jusqu'à San Gerardo.

Là haut, les nuages sont proches, Dayana et Junior vont alors directement nous inscrire pour la randonnée du lendemain. Je les attends au centre du village, entre l'épicerie, l'église et le terrain de foot. Ils reviennent environ 30 minutes plus tard, et la malchance du week-end commence.. Le parc est fermé pour maintenance, aucune information sur internet ni par téléphone pour nous mettre la puce à l'oreille, nous sommes donc venus pour rien (ou presque), puisque dans ce village il n'y a pas grand chose d'autre à faire. 

Nous décidons quand même d'y passer la nuit, puisque de toute manière nous n'arriverons pas à regagner Cartago le jour même.

Nous nous installons dans l'hôtel atypique "Roca dura", où les chambres sont construites dans la pierre et nous dînons dans un restaurant/élevage de truites. Le propriétaire propose de les pêcher soi-même. Je pêche donc la première truite de toute ma vie en un temps record (quelques secondes). La chance du débutant sûrement.. Le poisson est très bon, accompagné de frites, de riz et de crudités, ainsi que d'un jus de fruit, il ne nous coûte que 4,50 euros chacun!

Dans la soirée, nous décidons de ne pas rentrer bredouilles à Cartago, mais de nous rendre à la plage de Uvita et au parc national Marino Ballena pour profiter des 2 jours supplémentaires que nous avions prévus de passer ensemble.

Le jeudi, le premier bus pour repartir de San Gerardo part à 11h30, en attendant on se promène le long de la rivière. Le soleil est parfait, il fait frais le long du cours d'eau et il n'y a personne. On est peinards!! 

On attrape le bus, on fait de nouveau escale à San Isidro puis on attrape un bus pour Uvita.

On arrive à destination de nuit et sous la pluie, on décide alors de rester dans l'hôtel le plus proche de l'arrêt de bus. C'est très propre, mais sans charme.

Avant de manger et d'aller se coucher, on décide de se rendre à pied au bord de mer, on suit donc les indications des passants et on marche dans le noir, sur une route en terre pendant presque 1h, pour se retrouver face à l'entrée du parc national, fermée car il est déjà 20h. L'ambiance ne me met pas à l'aise, j'ai chaud dans mon jean et l'endroit est désert.
On rentre, on grignote devant la télé et on va se coucher, il fait bien chaud surtout dans mon pijama à manches longues et sans climatisation...

Le lendemain, on reprend le même chemin pour la plage, mais de jour : c'est beaucoup plus agréable! Il y a quand même 3km à parcourir, et le soleil tape, je me sens un peu faible, mais on arrive au parc et c'est magnifique!

La très grande plage sauvage bordée de cocotiers me redonne le sourire!
On longe la mer et on s'installe près des arbres, malheureusement la chaleur est étouffante et nous n'avons plus d'eau. J'ai du mal à expliquer pourquoi je ne me sens pas bien. Je pense même rentrer à Cartago le jour même, car l'endroit ne me plaît pas, mais j'essaie de me convaincre que tout va bien. C'est alors que j'entends un bruit de branche qui craque derrière moi, je me demande ce que c'est, j'imagine un singe ou un raton laveur qui va venir me piquer la nourriture.. Pour ne pas risquer de me faire mordre, je me lève, m'éloigne un peu de nos sacs et me retourne.. Et là, je me retrouve face à un jeune homme armé d'un couteau, qui, en ce qui me semble plus rapide qu'1 seule seconde, arrache nos sacs et repart en courant dans les bois, je crie au secours et je pleure en comprenant que c'est trop tard et qu'il a pris toutes nos affaires.. 

La peur me fait trembler et pleurer pendant quelques secondes, puis rapidement c'est la colère qui me gagne, nous rejoignons directement l'entrée du parc, je grogne et gronchonne tout le long de la plage.. Je n'ai plus rien, plus d'argent, plus de carte de crédit, plus de passeport, plus de portable, plus d'appareil photos, plus de clés, ni même de lunettes de vue.. A l'entrée, le garde appelle la police et l'aide des villageois me surprend, tous nous proposent de nous aider, ils nous payent de la noix de coco fraîche, des appels téléphoniques et nous prêtent leur connexion internet pour prévenir nos proches.
On attend environ 1h, puis la police nous emmène au poste où je décris la scène, j'appelle en France et l'ambassade, je comprends que je vais devoir réaliser un paquet de démarches pour tout règler..

Le temps passe et il est déjà trop tard pour rentrer à Cartago. Heureusement, contrairement à moi, Junior et Dayana réussissent à tirer un peu d'argent, de quoi manger et payer l'hôtel.

Le soir, dans l'hôtel j'ai du mal à dormir, malgré la fatigue, lorsque je ferme les yeux, je vois des couteaux et des visages violents.. Je commence à peine à me calmer lorsque je sens, que mon lit bouge, comme si quelqu'un l'attrapait pour le secouer.. Je pose ma main sur le mur, il tremble.. Mon premier tremblement de terre.. Décidemment, je n'arriverai pas à dormir..

Le lendemain matin, le bus est à 9h, enfin il paraît, à l'arrêt de bus c'est une toute autre histoire, le prochain bus n'est qu'à 14h. Je crève de chaud et ma patience est au plus bas.. Le bus arrive enfin, mais il n'y a pas de place assise, mes bras me maintiennent debout tant qu'ils peuvent pendant les 2h de trajets dans les montagnes.. Puis encore 2 autres heures pour rejoindre Cartago, il est 18h quand j'arrive à la maison, je suis au bout du rouleau, je m'écroule dans les bras d'Ana, qui est là et qui m'attend avec un café bien chaud! J'ai l'impression de me réveiller d'un cauchemard, je suis épuisée..

Voilà, vous comprendrez qu'il m'est impossible de mettre des photos dans cet article, puisque mon appareil photo fait partie de mes affaires disparues..